Il me faisait remarquer qu'il ne s'agissait que d'un taux moyen, que certaines entreprises faisaient beaucoup mieux, que la progression d'une année sur l'autre (2 %) était faible. Surtout, il insistait que ce genre d'article desservait la prévention et confortait certains patrons dans leur immobilisme. Cette réaction m'a vivement intéressé car elle pose le problème de la communication dans le domaine de la prévention. En tant que rédacteur en chef d'une revue, dois-je me focaliser sur les échecs, les accidents et les maladies professionnelles, ou doit-je aussi faire part de nos succès aussi modestes soient-ils ?
Par exemple, en matière de risque routier, faut-il axer la communication sur nos 4 000 morts chaque année et ne montrer que tôles froissées et corps brisés ? Ou bien est-il également efficace de remarquer qu'en quelques années ce chiffre a été divisé par deux afin d'inciter à poursuivre les efforts ? Ne faut-il parler que des conducteurs qui ont perdu tous leurs points de permis ou montrer également que certains gros rouleurs ont toujours tous leurs points et que c'est donc possible.
Dans chaque action, il y a des éléments positifs et des éléments négatifs. Communiquer uniquement sur les éléments négatifs ainsi que la font souvent les grands médias en espérant une prise de conscience, un sursaut, une réaction, n'est-ce pas courir le risque de provoquer pessimisme, fatalisme et découragement ?
Je pense qu'une critique sera d'autant mieux acceptée et source de progrès que l'on saura aussi reconnaître les aspects positifs de l'action. Sans vouloir pasticher Beaumarchais, j'aurais tendance à dire que la liberté de blâmer doit s'appuyer sur la liberté de féliciter. Mais attention, je ne prétends pas détenir la vérité. Cela mérite débat. À vos plumes !
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« Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. » Beaumarchais.
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