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Comment communiquer pour améliorer la prévention ?

20 novembre 2009

La semaine dernière, je vous rendais compte des dernières statistiques AT/MP publiées par la CNAMTS et notamment du taux de fréquence d'accidents du travail de 24,7 - le plus bas jamais atteint dans notre pays. Et je vous en félicitais. L'un d'entre vous m'a fait part de son désaccord sur ma position.
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Il me faisait remarquer qu'il ne s'agissait que d'un taux moyen, que certaines entreprises faisaient beaucoup mieux, que la progression d'une année sur l'autre (2 %) était faible. Surtout, il insistait que ce genre d'article desservait la prévention et confortait certains patrons dans leur immobilisme. Cette réaction m'a vivement intéressé car elle pose le problème de la communication dans le domaine de la prévention. En tant que rédacteur en chef d'une revue, dois-je me focaliser sur les échecs, les accidents et les maladies professionnelles, ou doit-je aussi faire part de nos succès aussi modestes soient-ils ?

Par exemple, en matière de risque routier, faut-il axer la communication sur nos 4 000 morts chaque année et ne montrer que tôles froissées et corps brisés ? Ou bien est-il également efficace de remarquer qu'en quelques années ce chiffre a été divisé par deux afin d'inciter à poursuivre les efforts ? Ne faut-il parler que des conducteurs qui ont perdu tous leurs points de permis ou montrer également que certains gros rouleurs ont toujours tous leurs points et que c'est donc possible.

Dans chaque action, il y a des éléments positifs et des éléments négatifs. Communiquer uniquement sur les éléments négatifs ainsi que la font souvent les grands médias en espérant une prise de conscience, un sursaut, une réaction, n'est-ce pas courir le risque de provoquer pessimisme, fatalisme et découragement ?

Je pense qu'une critique sera d'autant mieux acceptée et source de progrès que l'on saura aussi reconnaître les aspects positifs de l'action. Sans vouloir pasticher Beaumarchais, j'aurais tendance à dire que la liberté de blâmer doit s'appuyer sur la liberté de féliciter. Mais attention, je ne prétends pas détenir la vérité. Cela mérite débat. À vos plumes !

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« Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. » Beaumarchais.

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Vaste sujet par Gil Buschini -- Directeur QSHE STRADAL , 20 novembre 2009

Vaste sujet, que j'essaie de faire avancer en prenant l'exemple suivant (en sachant que je suis dans une société où le TF est à 8, quand la moyenne de la profession est à 50) : si votre fils souhaite travailler dans une entreprise où il aura le risque d'avoir dans sa vie 5 accidents du travail de 50 jours d'arrêt, ou dans une société où il aura le risque d'en avoir un de 20 jours, que lui conseilleriez vous ?
La réponse est évidente, alors que voulez vous pour votre société ? Il est donc fondamental pour moi, ce qui été fait dans l%'édito, d'expliciter de manière concrète la signification du TF et du TG. J'utilise là également une méthode très approximative, mais très simple, en supposant que nous travaillons ou travaillerons (ce qui est par excès) 1700 heures pendant 45 ans (la retraite à 60 ans risquant d'être un épiphénomène...) soit 75000 heures. Si on arrondit à 100000 heures (ce qui se justifie par le fait que les opérateurs ont un risque plus élevé que l'encadrement), on arrive à la règle très simple suivante : le TF divisé par 10 donne le risque du nombre d'accident annuel. Cela aide à raconter l'histoire ci-dessus de manière très simple et dans n'importe quelle entreprise.

Les réactions immédiates sont en général celles attendues (surprise, rejet, puis reconnaissance du problème). De là à passer à une action de longue durée en profondeur, il y a un fossé qui n'est malheureusement pas facile à franchir...

Cordialement,