Le rapport souligne un « manque de transparence » dans la gestion de la crise par l'OMS et les institutions publiques de santé, les accusant d'avoir « dilapidé une partie de la confiance que le public européen a dans ces organisations hautement réputées » et juge que « ce déclin de la confiance pourrait représenter un risque dans le futur ». Je ne résiste pas à la tentation de reproduire quelques extraits de ce rapport accablant.
« Était-il justifié de vendre aux gouvernements nationaux des vaccins H1N1 à des prix 2 à 3 fois plus élevés que ceux pratiqués pour le vaccin de la grippe saisonnière en utilisant essentiellement des adjuvants brevetés et en réalisant par là même des bénéfices exagérément élevés sur le dos d'une crise déclarée de santé publique ? »
Le rapporteur a examiné plus en détails la façon dont la pandémie a été gérée au Royaume-Uni, en France et en Pologne. En effet, les réactions de ces pays à l'annonce de la pandémie en juin 2009 figurent parmi les plus extrêmes.
- Le ministère britannique de la Santé a tout d'abord annoncé que l'on devait s'attendre à 65000 morts. Début 2010, ces estimations ont été revues à 1000 décès. En janvier 2010, les chiffres faisaient état de moins de 5000 personnes ayant contracté la maladie et de 360 décès.
- En France, les chiffres dont on dispose montrent très bien jusqu'à quel point la pandémie H1N1 a pu être surévaluée, et quelles ont été les conséquences pour les budgets de santé publique : la grippe a causé la mort de 312 personnes (chiffres d'avril 2010) et 1334 cas sévères d'infection ont été enregistrés.
- À l'inverse, la Pologne, est l'un des rares pays d'Europe à ne pas avoir acheté des vaccins en grande quantité en raison de craintes sur leur innocuité et de la défiance manifestée à l'égard des firmes pharmaceutiques qui les fabriquent. La Commission polonaise sur la pandémie de grippe a identifié un groupe à haut risque de 2 millions de personnes et alloué des ressources pour l'acquisition du nombre nécessaire de vaccins.
Une gestion de crise aux effets dramatiques
Dans ses conclusions, le rapporteur considère que les effets de la pandémie ont été dramatiques : la distorsion des priorités des services de santé publique à travers l'Europe, le gaspillage de sommes colossales d'argent public, l'installation d'un sentiment de crainte injustifié parmi les Européens, l'exposition à des risques sanitaires engendrée par des vaccins et des médicaments qui n'ont peut-être pas subi suffisamment de tests avant d'être autorisés par le biais de procédures accélérées, en sont autant d'exemples. D'après le rapporteur, ces résultats doivent faire l'objet d'un examen critique par les autorités de santé publique à tous les niveaux, afin que leurs décisions inspirent à nouveau la confiance du public. Les autorités de santé publique doivent mieux se préparer pour la prochaine maladie infectieuse à caractère pandémique, qui pourrait être plus grave.
Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez écouter l'audition du Docteur Dupagne par la Commission sur la grippe H1N1 au Sénat retransmise en vidéos.
La gestion de
crise de la grippe H1N1 : Internet,
les médias traditionnels et le Gouvernement.
Questions/réponses autour
de la gestion de crise de la grippe H1/N1.
Lire le rapport de la commission de la santé de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe sur la gestion de la pandémie H1N1.
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